L’accueil des ados en GN

Publié le par le joueur

Comme vous le savez, le prochain JdR Mag n°15 contiendra un gros dossier sur le GN. Voici un sujet que nous n'avons pas pu abordé faute de place et qui avait été très bien traité en sont temps dans GN Mag. Brûlant de désir de leur faire découvrir notre passion, nous les convions sur nos GNs. Pourtant, il est dangereux de « lâcher » les ados  dans un GN sans précaution, ni encadrement. Pour que nos futurs joueurs s’amusent sans danger, voici les conseils des pros du GN ado.

 

Rappelons tout d’abord qu’un enfant ne devrait pas jouer avant ses 6 ans ni participer à un GN adulte avant ses 17 ans. Certaines expériences de jeu peuvent les traumatiser, comme d’assister à des scènes de torture, de se faire emprisonner ou plus simplement de voir leur maman mariée à un autre que leur père.

Cependant, il n’est pas nécessaire d’attendre la maturité pour découvrir les joies du jeu, d’autant que le GN s’avère un bon outil d’éducation. « Vivre 3 jours avec des règles de vie spéciales, de jeu, c’est très constructif », précise Philippe Gall, de l’association des Monts Rieurs.

Gare au statut !

L’association doit s’assurer que ses assurances prennent en compte les mineurs de moins de 16 ans, qui ont un statut spécial vis-à-vis des assurances et du ministère.

Les ados sont plus fragiles

Le danger pour les ados est surtout physique : « l’adolescence est une période de bouillonnement, ils sont donc en constant débordement : ils dorment peu et se blessent facilement », explique Philippe Gall, « d’autant qu’ils ont les articulations fragiles en raison de leur croissance.».

Par ailleurs, il est conseillé de ne pas utiliser les armes en latex, trop dures, mais plutôt des armes en mousse, moins dangereuses.

L’entraînement

L’entraînement permet non seulement au jeune d’appréhender le GN en tant qu’acteur et non comme consommateur mais aussi d’éviter les accidents. Ainsi, chez les Monts Rieurs, deux animateurs préparent avec les jeunes, sur plusieurs mois, le GN annuel : fabrication d’armes, costumes, décors et réflexion autour des règles. De même, à Rêves de Jeux : « nous leur enseignons des techniques d’escrime douce. Quelqu’un qui ne passe pas les tests : gestes corrects, maîtrise de soi et fair-play, en étant par exemple trop bourrin ou portant les coups ne pourra avoir accès aux armes sur le jeu », explique Jean-Pierre Boillon de Rêves de Jeux.

Encadrement

Si d’aventure vous accueillez un mineur – oui, même de 17 ans !- sur un GN adulte, il faut qu’il soit accompagné en permanence d’un animateur ou d’un parent, « ça ne lui cassera pas son jeu, au contraire, plus c’est encadré, plus l’enfant peut s’éclater », explique Jean-Pierre.

Autre technique : encadrer un groupe d’ados avec deux animateurs dans un GN adulte. « Dans le scénario, nous écrivons un jeu à l’intérieur du jeu. Ce procédé scénaristique permet aux ados d’avoir leur propre scénar tout en participant à l’intrigue globale » explique Philippe Gall.

Un lieu de repli

Il est primordial de mettre en place sur le site un lieu spécifique aux jeunes, un endroit de non-jeu, pour souffler. « Un adulte pratique naturellement le hors-jeu, l’ado pas forcément. Il peut se retrouver confronté à une surcharge d’actions », alerte Philippe Gall.

Psychologie

Le thème du GN est également important. « Il est impensable de voir des mineurs sur des jeux hards ou glauques. Même de jeunes adultes peuvent s’y sentir mal à l’aise. Avec les ados, on ne peut pas commettre d’erreur. Ca ne pardonne pas ! », alerte Jean-Pierre Boillon. « Un risque majeur : la peur. Il faut leur donner des outils pour la transcender. Sinon, ils restent sur un sentiment d’échec.», poursuit-il. D’autant que, comme le précise Philippe Gall: « les 14-16 ans en particulier sont attirés par le côté sombre. On se censure donc sur certaines scènes : gore, terreur,... Pour se prémunir de chocs émotionnels, on se doit de lutter contre leurs travers ».

Par ailleurs, le développement affectif des jeunes est différent selon les âges, ils ne perçoivent donc pas l’expérience gnistique de la même façon. « Par exemple, pour les moins de 13 ans, on écrit des GN manichéens car les plus jeunes saisissent moins les nuances », précise Jean-Pierre Boillon.

Les bonus

Les ados font bien la différence entre le jeu et le hors-jeu. Comme l’explique Philippe Gall, « Le jeu est plus proche de leur vie que de celle des adultes. Il n’y a donc pas pour eux d’ambiguïté. Je suis plus inquiet pour les adultes ! ».

 

Un article écrit par Frédérique

Publié dans GN

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