Les secrets d’un bon scénario

Publié le par Giom

Un article sur les scénarii de Grandeur Nature dont beaucoup de conseils s’appliquent aussi au jeu de rôle sur table, surtout si, vous aussi, vous jouer le jdr sur table « façon GN », en donnant aux back grounds des persos des éléments pour résoudre le scénario et des buts personnels  ; à commenter par chacun pour que je puisse le modifier selon ses expériences

 

Composer un scénario d’un Jeu de Rôle Grandeur Nature est une expérience qui ne peut se rapprocher d’aucun autre exercice d’écriture. D’une part, parce que les méthodes à appliquer n’ont aucun rapport avec celles des autres média (roman, cinéma…), d’autre part parce que le plaisir est sans commune mesure avec tout autre travail de création. Quel romancier a déjà vu ses personnages prendre vie, acquérir soudain leur indépendance, leurs caractères propres, et jouer sous ses yeux l’histoire qu’il avait imaginée ? Quel réalisateur a déjà vu les héros de son film sortir de l’écran, se donner des répliques inattendues, et inventer une happy end imprévue ? Quel metteur en scène a déjà vu les acteurs descendre de la scène, interpeller les spectateurs, les faire rentrer dans leurs jeux jusqu’à ce que tout le théâtre devienne le lieu d’une pièce improvisée ?

 

Votre plaisir sera à son comble si celui du joueur l’est aussi. Voici donc quelques petites ficelles pour un écrire un scénario bien réussi. Attention, cet article est pensé pour des GN accueillant des débutants. Il a déjà suscité d’énormes polémiques sur les forums uniquement fréquenté par les vieux-brisquards-qui-ont-tout-vu-du-GN, mais auquel il n’est pas destiné. Un article sujet à controverses et discussions, donc, que j’ai laissé murir 4 ans avant de le ressortir.

 

Du rythme !

 

Prévoyez un rythme intense à votre partie, sinon les joueurs risquent de décrocher. Pour un GN de plusieurs jours, prévoyez une intrigue ou un évènement toutes les heures environ. Pour une soirée enquête, toute les demi-heure n’est pas de trop. Ces intrigues peuvent venir d’éléments prévus sur la feuille de personnage, ou bien de l’extérieur. Par exemple, pour un GN qui dure 10 heures le samedi et 4 heures le dimanche, prévoyez quatorze péripéties par rôle, qui pourront être 4 combats, 2 évènements spectaculaires commun que vous allez organiser (Un rituel magique avec des feux d’artifice, un spectacle de jongleur…), 2 enveloppes indices et 6 objectifs que devront remplir les joueurs et qui seront dès le début du jeu sur leur fiche de personnage.

 

Du rebond !

 

Prévoyez des évènements en cours de partie qui surprennent les joueurs et qui change la donne. Le personnage le plus faible boit une potion et se révèle soudain le plus puissant, des extra-terrestres débarquent, un mort revient visiter le monde des vivants… Pour créer l’imprévu, falsifiez les stéréotypes : les joueurs sont partis délivrer une belle princesse sur la requête de son père le roi. Ils se préparent à attaquer le repère de l’immonde sorcier qui l’a enlevée… En réalité, la jeune fille est éperdument amoureuse du jeune et beau magicien. Elle s’est enfuit du château de son enfance pour le rejoindre. Son soi-disant père est en fait son tuteur qui veut l’obliger à se marier avec lui pour accéder au trône. 

 

Prévoyez également des rebondissements personnels pour chaque participant, que vous étalerez dans le temps. En effet, certains joueurs particulièrement habiles risquent d’atteindre leurs objectifs individuels deux fois plus vite que prévus. Pour donner un deuxième souffle au scénario en cours de partie, un personnage apprendra par exemple en milieu de partie de la bouche d’un PNJ qu’il est en fait le frère de son pire ennemi. Autre façon de procéder : donner des enveloppes aux joueurs à ouvrir en cours de partie, dans lesquelles se trouve se trouve un message : « Vers 19h, tu décides de faire un petit somme. Tu vois Valérie qui se penche sur toi. Son teint est plus pâle que d’habitude. Ses canines s’allongent. Ses yeux rougeoyant te dévorent d’envie. Tu sens ton pouls battre à toute allure… Tu te réveilles en criant ».

 

Du risque !

 

Faites couler l’adrénaline ! Il faut que les joueurs sentent qu’ils peuvent perdre pour vraiment frissonner. S’ils se sentent immortels, sans aucun challenge et sous aucune menace, la tension retombera.

 

Du background !

 

Placez votre Grandeur Nature dans un monde bien connu des joueurs, pour qu’ils « sentent » tout de suite l’ambiance. Si vous créez votre propre univers, pensez que les joueurs pourront mettre du temps à l’intégrer.

 

De l’interaction !

 

Le plus simple est d’avoir une seule trame principale. Seuls de très bons scénaristes peuvent rechercher des exceptions à cette règle. Tous les personnages doivent être reliés de façon forte à la trame principale.

Si vous ne souhaitez pas que votre GN tourne à la boucherie dès le premier quart d’heure, n’écrivez pas des rôles de joueurs qui doivent en éliminer le personnage d’autres joueurs. Les rôles d’assassin patenté doivent de fait être très rare : c’est une classe plus adaptée au jdr qu’au GN. Mais il faut de l’interaction : inventer entre les personnages de nombreux liens plus subtiles de chantage, alliance, trahison, commerce, intrigues…

Votre scénario ne doit pas être trop dirigiste, sinon les joueurs auront l’impression de ne pas pouvoir influencer sur le scénario. Evitez aussi les situations de blocage. Si un personnage a absolument besoin d’une information, d’un ingrédient ou de quoi que ce soit pour réaliser les objectifs de son rôle, il ne faut pas qu’il puisse la trouver qu’en un seul endroit (Prévoyez au moins 3 sources possibles). Au moindre imprévu, son personnage risque d’être complètement bloqué.

 

De la convivialité !

 

Hélas, certains vieux joueurs chevronnés aiment les personnages fermés et hautains. Rien de plus désagréable, il y en a déjà plein la vie réelle, ce n’est pas la peine d’aller jouer en GN pour trouver des c… pareils. Précisez dans les fiches que les personnages sont joviaux, ouverts et bon vivants. Vous verrez que l’ambiance sera tout de suite meilleure.

 

Privilégiés les rôles pour débutants !

 

C’est comme ça que le Jeu de Rôle Grandeur Nature se fera connaître !

 

Une intrigue trépidante

 

Vous trouvez que la forêt dans laquelle va se dérouler le jeu est magnifique et vous décidez d’envoyer les joueurs la parcourir. Si le but des personnages est juste d’aller chercher un fanion au fin fond d’un bois, ils risquent de s’ennuyer. S’ils sont poursuivis par une horde, surpris par des brigands, si la récompense au bout du chemin est extraordinaire, si le fanion se trouve dans une grotte ou une vieille ruine angoissante, si l’un de leur compagnon est un traître qui veut s’approprier la découverte pour lui tout seul, alors les joueurs s’amuseront vraiment !

En même temps, dosez le niveau de difficulté selon l’expérience des participants et le temps de jeu. Tous les objectifs doivent être réalisables, sinon les joueurs ressentiront une certaine frustration.


Les 10 ingrédients de Guillaume Besançon

Rajoutez du piquant dans votre scénario ! Voici dans l’ordre les 10 épices qui titilleront le plus les papilles de vos joueurs : Dieu, le sang, le sexe, le rire, le pouvoir, l’amour, la violence, l’amitié, la peur et la procréation. Appliquez la recette de Guillaume Besançon : vérifiez que le synopsis de votre scénario contient tout cela, et s’il manque un ingrédient, rajoutez-le ! Remarquez que ce bon conseil est valable pour toutes les productions littéraires.

 

 

Et ils gagnent toujours à la fin

 

Multipliez les objectifs afin que chacun en remplisse au moins un pendant la partie. Les joueurs auront ainsi tous eu l’impression de gagner et tout le monde sera content.

 

La feuille de personnage

 

Le but de la feuille de personnage est d’arriver à faire passer dans l’esprit du joueur les délires de votre imagination. Il faut qu’il rentre dans vos phantasmes tout en se sentant à l’aise dans son rôle.

 

Les petits plus de la feuille de personnage :

-          Ecrivez la feuille de perso à la première personne

-          Décrivez au personnage ce qu’il doit faire en arrivant, sa première action : des instructions claires l’aideront à se lancer.

-          Donner des indications de costume, ou une photo-modèle.

-          La liste des choses à apporter, à préparer.

-          Indiquer au personnage la liste de ses amis et connaissances. Le top : pouvoir fournir un trombinoscope au joueur.

-          Les scènes que le personnage doit se préparer à jouer (Une arrestation pour un policier, un mariage pour un prêtre…)

-          The last but not the least : un résumé des objectifs en fin de feuille de personnage (Et s’il y en a peu, ou s’ils ne sont pas assez forts, c’est probablement qu’il en manque !)

 

Quelques conseils sur internet qui abordent les choses différemment :

 

http://www.murder2000.com/Ecrire/EcrivezVotrePropreScenario.php

http://www.aufildugn.org/article.php3?id_article=63

 

 

 

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