LudikBazar

Publié le par Guillaume & Guillaume

LudikBazar, c'est LE site pour (re-)trouver le vieux livre de règle de bases de jeu de rôle plus édité depuis 5 ans. En ce moment, ils déstocke Donjons et Dragons 3.5 ou des figurines des personnages de la BD Chronique de la Lune Noire à des prix... enfin, vous avez bien fait d'attendre. On a interviewé Piotr, le big boss de ce site phare de la vente en ligne, pour lui demander ce qu'il pensait de l'économie du jeu de rôle aujourd'hui.

Un petit  Top 50 des ventes ?

 

Ca serait plus des sentiments de détaillant que des chiffres de vente avec tableau excel a l'appui. En effet peu de boutiques ont des statistiques de vente.

Pour faire ce genre de classement il faut des chiffres et c'est là que le bât blesse. Pour trouver des données cohérentes entre les chiffres des éditeurs et ceux des boutiques, il faut jouer aux devinettes.

Les boutiques fonctionnant avec les systèmes de mise en place minimum, pour ne pas commander les produits un par un il reste toujours un certain flou.

 

Présentez vous un peu pour ceux qui ne vous connaissent pas.

 

LudikBazar est une boutique de destockage sur les jeux de rôle entre autres. Mais à côté de l'aspect bazar-foire-fouille il y a aussi du neuf qui représente quand même près de 20% de notre chiffre. Le cumul des deux plus le fait de pour l'instant rester dans la revente et pas dans l'édition, tout cela fait de LudikBazar la seule société en France à vivre et à faire vivre du jeu rôle. Trolls and Game et le 7eme cercle aussi, même c'est plus l'aspect survie et avec un rôle différent.

 

Comment se passe la distribution, est ce uniquement en ligne ou bien aussi par d'autres distributeurs, des boutiques ou autres ?

 

Le plus simple, le plus efficace et d'une certaine manière le moins cher c'est le net. Mais LudikBazar c'est une somme de fonctions. La première d'entre elles c'est le rachat de collections surtout auprès des éditeurs. Ensuite vient la revente proprement dîte donc via Internet aux particuliers majoritairement mais aussi vers certaines boutiques de jeu de rôle, des grossistes qui souhaitent renouveler ou refaire leur stock. La plupart des ventes se font en direction de la France mais nous faisons aussi un peu d'international en anglais. Au niveau de la vente en ligne nous sommes dans une position de partenariat/concurrence avec des sites comme priceminister ou ebay ce qui ne rend pas les choses toujours faciles.

 

Mais vous ne faites pas que du jeu de rôle même si c'est la spécialité maison.

 

La gamme de produits est variée mais le coeur c'est le jeu de rôle. Pour Rackam, la gamme de produits est plus diversifiée mais au total en face des 200 références jdr les produits avec l'étiquette divers ne sont qu'un cinquantaine.

 

D'après vos ventes et vos connaissances quelle est votre estimation de la population rôliste ?

 

Une estimation est quasiment impossible, c'est un milieu très éclaté, certains joueurs sont très occasionnels d'autres collectionneurs acharnés donc difficile de faire le juste milieu. Juste pour information nous avons 5000 clients uniques et près de 300 clients nouveaux par mois ce qui donne juste une indication.

 

Par rapport à l'âge d'or du jdr, en ce moment la tendance est à la baisse, le marché bat de l'aile, le milieu semble éclaté. Est ce l'annonce d'un foisonnement d'une dilution ou d'un revival imminent ?

 

On est en plein dans le paradoxe du jdr. Aujourd'hui ce qui fait survivre le milieu c'est le jeu amateur. Mais c'est aussi pour cela qu'il stagne. Le marché souffre du manque de professionnalisme du jdr amateur(sic). Ceux qui le tuent sont les mêmes que ceux qui le maintiennent en vie. Lancer un jeu sans faire une étude avant c'est évident que ça ne peut pas marcher à tous les coups. Il y a aura toujours un public rien qu'avec la base de boulimiques acharnés. Mais si on veut sortir un bouquin qui ne sera pas acheté que par des collectionneurs quasi compulsifs, donc viser un public plus large ça demande du travail et du temps en plus alors que ce qui intéresse les amateurs c'est la création pas le reste.

Le milieu du jdr évolue aussi, les générations se renouvellent et de nouveaux comportements apparaissent. Dans le milieu des années 80 il y avait une ouverture aux jeux de plateau, de société etc entre autres parce que ne faire que du jdr c'était impossible: trop limité. Maintenant le jdr est complètement démarqué du jeu de société, on va vers une complexification des univers, des règles, c'est un milieu d'initiés pour initiés. C'est formidable de voir qu'il existe une culture rôliste mais on a perdu au passage le coté jeu. Ca serait bien de revenir aux sources pour en refaire un produit grand public. D'ailleurs à ce sujet tout est fait pour en faire du jdr un produit culturel: une TVA à 5,5% comme les produits culturels et pas 19,6%; les jdr sont tous des bouquins certes jolis mais une boîte avec des dés, des accessoires voire de figurines, quelque chose qui rappelle immédiatement le jeu ça ça manque.

Ca peut paraître étrange de soutenir une TVA plus forte mais un contenu en boîte à 19,6 % ça ferait forcément de la sélection vu le coût. Les boutiques et les éditeurs seraient alors beaucoup plus vigilants car les invendus ne sont pas repris. Actuellement le jdr est dans les mêmes canons de vente  en terme d'exemplaires que la Bd ou les romans nouveaux mais sans avoir la manne des best-seller derrière. Forcément ça coince quelque part.

 

 

Dans l'actualité de LudikBazar il y a le rachat d'IndieRpg. Pourquoi ce mouvement vers un éditeur en ligne ?

 

Pour l'instant Indie a juste été repris par Ludik sans qu'on ne touche à rien mais ça va sans doute bouger un peu. Des sorties de suppléments pour nos produits ce genre de choses peut-être. L'objectif c'est d'avoir un outil pour les professionnels qui veulent lancer un jeu donc avoir un rôle d'éditeur  mais rien n'est encore fixé au niveau de la méthode. Dans ma vision ce serait une antichambre de création, pas une poubelle, on reste dans une optique pro. On veut pouvoir soutenir les éditeurs qui montent des maisons d'éditions sérieuses. Comme je l'ai déjà dit il y a une différence entre sortir un joli bouquin et un jeu professionnel. Si IndieRpg permet de donner le ton dans cette voie ça sera forcément un plus.

 

Publié dans News du jeu de rôle

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